Les Chroniques Templières : 18 mars 1314, une fin tragique

 

Deux siècles d'histoire se consument dans cette épaisse fumée noire du 18 mars 1314...

Je suis de cette foule immense qui se presse sur le parvis de Notre Dame. Mélangés au peuple, habillé en simple paysan, nous sommes les ombres de l'Ordre, entrées dans la clandestinité la veille de ce maudit 13 octobre 1307. En cette matinée quelques dizaines d'entre nous se trouvent éparpillés dans cette masse, bien encapuchonnée sous de lourds tissus crasseux Il y a déjà quelques années, je me souviens que nous étions plus d'un millier sur nos fier destrier dans les hauteurs de Vienne.

 

Engagé alors que le grand passage étais déjà fermé j'incarnais cette jeunesse Templière emplie de tradition, héritier de nos glorieux anciens mort aux champs d'honneur. Malgré la perfidie des temps, je reste fidèle à mon Engagement et à l'Ordre qui a fait de moi ce que je suis,

 

Le sourire des cardinaux à l'attente de la sentence ne présage rien de bon. Pour nous la consigne est clair, aucune action ne doit être tentée, nous sommes contraindre de subir l'inaction. Il est trop tard pour revêtir à nouveau nos capes blanches arborant la croix pattée de gueule, malheureusement nos épées doivent rester aux fourreaux. Le destin doit s'accomplir...

 

Le verdict tombe : ça sera la réclusion perpétuelle pour les dignitaires de l''Ordre. Alors que la masse informe reste là sans bouger, un corps se redresse à cette annonce. Ce n'est autre que le Grand Maître lui-même, ou ce qu'il en reste aujourd'hui. Accablé par la torture, les mauvais traitements et son âge avancé, celui-là même qui attendait un dernier geste du Saint Père s'élève et clame d'une voix grave l'innocence de l'Ordre. Une stupeur frappe la foule et les cardinaux.

 

Enfin Le monde comprend la supercherie, ce procès abject. Avant que la garde n'est pu réagir, suivant son Grand Maître, le percepteur de Normandie fait de même. Les deux dignitaires mettent tant de volonté et de résolution qu'ils émeuvent la foule. Désormais le peuple gronde et hurle sa colère contre le roi. Hélas nous sommes encore loin de ces jours ou celui-ci se réfugiait dans l'enceinte du Temple. Les temps ont changé, il règne désormais d'une main de fer sur ce pauvre royaume de France, bien loin de ces nobles aïeux. 

 

Peu de temps après le roi prend connaissance de cette réaction inattendue, fou de rage, il ordonne la mort des deux relaps. L'histoire avait déjà scellé le sort de l'Ordre, dorénavant c'est au tour de ces hommes de suivre cette fin funeste. En soirée Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont amenés pour le denier supplice dans un lieu désigné l'île aux juifs. Le bûcher est dressé à la hâte, le bois encore humide ne fera que retardé leurs calvaires. Une foule encore plus grande assiste à la scène, comme nous ces milliers d'hommes, de femmes et d'enfants s'agenouillent. Le genou gauche à terre, les mains en croix bercés d'admiration ils prient au salut de leurs âmes. Le bûcher est mis en flamme, l'exécution commence. Comme dernière volonté le regard des suppliciés est dirigé en direction de Notre Dame, celle qui a été au début de l'ordre assiste à cette fin tragique. 

 

Tourmenté par les gaz et la chaleur du feu, proche du dernier souffle, dans un élan de force le Grand Maître convoque ceux qui les ont condamné à tort devant le tribunal de Dieu. Sa voix se perd maintenant dans le brasier. Son appel ne sera pas vain nous sommes prêt à accomplir la destinée. Dans un silence extrême, mes yeux se portent sur cette foule, à l'intérieur de celle-ci, des larmes coulent du visage d'un enfant. Le peuple tout entier pleure ces pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. C'est ainsi que pour les hommes s'achève l’épopée des Templiers, sacrifiés pour l'idéal de la chrétienté sur l'autel de la fourberie et de la cupidité.

 

Cependant à travers l'obscurité mes compagnons et moi même ramassons les cendres de nos martyrs. Ultime relique de notre Ordre elles guideront nos pas. Un jour peut-être la peine fera place à l'honneur, et les siècles retiendront à jamais notre combat.