Histoire moderne

 

Il convient de rappeler que le sort de l’ordre fut scellé par le Pape au XIVe siècle, avec la bulle « vox in excelso » en 1312. Cette bulle prononça la dissolution de l’Ordre du Temple non par voie de jugement, mais par voie de provision ou de décision apostolique. Ainsi Clément V ne condamna pas l’Ordre du Temple sur le fond, le procès est donc toujours à faire.

 

Il fallut attendre l'époque Napoléonienne pour que le Dr.FABRE PALAPRAT reconstitue l'Ordre (entre 1808 et 1830) sous le nom " Ordre Souverain et Militaire du Temple de Jérusalem "  (O.S.M.T.J). Napoléon 1er encouragea ses efforts (par opposition à la Franc-Maçonnerie anglaise), et autorisa celui-ci à célébrer  une cérémonie religieuse à l’attention de Jacques de Molay, le 18 mars 1808.

 

Le Dr FABRE PALAPRAT fut désigné Grand Maître. Il justifiait la continuation clandestine de l’Ordre par une chaine ininterrompue inscrite dans une charte de transmission, dite Charte de Larménius. Ce document paraît peu vraisemblable. Après sa mort, malgré les remous internes d'une organisation qui se cherchait encore, les Grands Maîtres et les Régents successifs assurèrent le maintien de l'Ordre malgré les Guerres qui déchirèrent l'Europe.

 

Le premier successeur, assez curieux soit il fut l’Amiral SYDNEY SMITH, le vainqueur de Bonaparte à Saint Jean d’Acre. Le 1er octobre 1934, le conseil de Régence nomma comme Président Emile Clément ISAAC-VAN DEN BERG qui le sera jusqu'en 1942.

 

Par suite de l'occupation Allemande, le Président Vandenberg se sentant menacé, craignant pour l'Ordre, il confia les archives et remit ses pouvoirs au Comte Antonio PINTO de SOUZA FONTES, Prieur du Portugal. Celui-ci se proclama dès lors régent de tout l'Ordre " en deçà et au-delà des mers",  alors qu'il n'était qu’un simple régent provisoire.

 

 

Par testament daté du 20 août 1949 il désigna son fils Fernando CAMPELLO PINTO de SOUZA FONTES comme régent : ce qui était contraire à la règle des premiers et des néo-templiers. Effectivement, à la mort de son père, le 15 février 1960,Fernando Campello se proclama REGENT à VIE ...

 

Ce fut une levée de boucliers dans les Commanderies Templières: ce terme " à vie " paraissait abusif et dictatorial.

 

Pour beaucoup de chevaliers le titre de Régent était usurpé puisqu'il ne pouvait y avoir régence qu'en cas de minorité d'un souverain ou de vacance momentanée, et en aucun cas un régent est nommé à vie. D'autre part, il se créait un état dynastique chez les SOUZA FONTES, alors que les principes statuaires initiaux sont formels les Grands Maîtres sont élus.

 

Les dissidences sont nombreuses: L'Espagne avec le Prince de GRAU-MOCTEZUMA, le Brésil avec Inellas de GLAZOMENE, L'Allemagne avec le Dr. Hans HEUR, la Suisse avec ZAPELLI, l'Amérique avec William KONA, en France le Prieur Rémy GUERARDELLE étant décédé, le 3 avril 1959 le Général Antoine Daniel ZDROJEWSKI fut élu Prieur Général de France et Grand Bailli de POLOGNE, le 16 septembre 1968, Georges  LAMIRAND fut élu Grand Maître.

 

En 1970 un convent général, réunit sous la juridiction de SOUZA FONTES ne parvient pas à supprimer les divisions internes provoquées par la présence du Grand Maître, jugée illégale, par beaucoup, de par sa nomination dictatoriale et héréditaire.

DE SOUZA FONTES conserva des Commanderies à PARIS et dans le Sud-Ouest tandis que ZAPPELLI s'implantait surtout en Bourgogne, dans la vallée du Rhône et dans le Sud-Est. ZAPPELLI accepta, dans les Commanderies, la présence des Francs-maçons déistes, alors que SOUZA FONTES qui ne recevait que les catholiques à ses débuts, les accepta ensuite.

Au chapitre National d'AIX en PROVENCE, à la Pâques de l’an de l'Ordre 860 (1978) sous l'impulsion des Baillis Français de la branche Zappellienne fut créé le GRAND PRIEURE de FRANCE du TEMPLE de JERUSALEM (G.P.F.T.J) sur les bases primitives et juridiques de la Règle de St. BERNARD.

 

Le G.P.F.T.J  rejette les implantations et les rites Maçonniques, enlève la masse de quincaillerie qui avait tendance à s'installer sur les poitrines, efface les orientations plus ou moins anarchiques. Il se veut autonome,  chrétien, et rejette les Francs-Maçons. Le Grand Prieuré de France, considérant qu'il était nécessaire de retrouver et de rénover les bases de notre civilisation Chrétienne, il s'est placé sous l'invocation de ceux qui, en d'autres temps, ont su l'édifier et la fortifier, sous le signe de la CROIX, pour le seul combat qui vaille: celui de l’HOMME.

 

Ce fut le professeur Pierre Henri CHAIX qui fut élu Grand Prieur en 1978, il démissionna pour raison de santé en 1981 et fut remplacé par le docteur Edmond LAGARDE jusqu'en 1986. Pierre GRASSARD le remplaça, mais il dut se retirer pour raison de santé au chapitre international de NICE à la St. JEAN d'été de l'an de l'Ordre 874 (1992).

 

A ce même chapitre est élu Tony CRAPIS. Ce dernier, et avec l’assentiment de son Grand Conseil, à la suite des événements tragiques provoqués par l’O.T.S (l’Ordre du Temple Solaire) a dissous le G.P.F.T.J, pour le mettre en sommeil durant quelques années. Sous les hospices de l’ancien Grand Prieur, M. LANDENWETSCH restaura le G.P.F.T.J en l’an de grâce 893 de l’Ordre (2011).

 

Elus par ses frères son excellence le Grand Prieur de France du Temple de Jérusalem,

François LANDENWETSCH, œuvre depuis à la continuité de l’Ordre.